Le legs de l'Impressionnisme : Amériques, Sculpture et Musique
Le legs de l'Impressionnisme : son empreinte aux Amériques, dans la sculpture et la musique.
A
Arthur
Curation Historique
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L'IMPRESSIONNISME AUX AMÉRIQUES
Eliseo d'Angelo Visconti – Né le 30 juillet 1866 en Italie et décédé le 15 octobre 1944 à Rio de Janeiro (Brésil), cet artiste fut un peintre, dessinateur et designer italo-brésilien. On le tient pour l'un des plus illustres créateurs brésiliens de cette période, figure majeure de la peinture impressionniste dans son pays d'adoption.
John Leslie Breck (1859-1899) – Son père, officier de marine, vit la naissance de John lors d'un périple maritime de Hong Kong vers les États-Unis, au retour de la famille. Il grandit et résida au Massachusetts. Il fut l'un des tout premiers Américains à s'adonner à la peinture impressionniste. Il compta également parmi les pionniers à voyager en Europe en 1887, au cœur même de l'impressionnisme. Lors de son séjour à Giverny, il noua une amitié avec Claude Monet et, ensemble, ils peignirent plusieurs scènes locales. Son style avant-gardiste, éclatant dans ses palettes, lui valut le titre envié de « père de l'impressionnisme américain ». Il s'éteignit à seulement 39 ans, victime d'un empoisonnement au gaz. Il repose au cimetière de Forest Hills, à Boston.
AUTOPORTRAIT. 1880Mary Cassatt (1843-1926) – Elle vit le jour à Allegheny. Son enfance se partagea entre les États-Unis, la France et l'Allemagne. Issue d'une famille aisée, elle bénéficia d'une éducation raffinée. Adolescente, elle s'inscrivit à l'Académie des Beaux-Arts de Pennsylvanie. À 23 ans, elle s'installa à Paris, avide de perfectionnement. Elle travailla sous la tutelle de Charles Chaplin, Thomas Couture et Gérôme. Elle choisit de s'établir définitivement dans la capitale française, où elle fit la rencontre de Degas, qui l'encouragea à exposer. Elle embrassa le mouvement Impressionniste, plongeant dans l'étude approfondie du dessin et de la peinture. Elle rejoignit le cercle des impressionnistes en France, aux côtés de Monet, Renoir et Degas. Son thème de prédilection, le lien entre mère et enfant, devint sa signature. C'est elle qui introduisit l'Impressionnisme aux États-Unis.
Lydia assise dans le jardin avec un chien. Mary Cassatt. 1880
LA SCULPTURE IMPRESSIONNISTE
La sculpture, elle aussi, fut rapidement happée par la controverse autour du « modernisme ». Le colossal sculpteur français Auguste Rodin (1840-1917) devint promptement un maître révéré, jouissant d'une notoriété publique qui le plaçait au même rang, voire au-delà, des plus grands artistes de son époque. Pourtant, même ses œuvres déchaînèrent de virulentes polémiques parmi les critiques, souvent associées à celles des audacieux impressionnistes.
Rodin dédaignait la finition polie, préférant laisser une part à l'imagination du spectateur. Il lui arrivait même de conserver une portion de la pierre à l'état brut, donnant l'impression que sa figure émergeait et prenait forme à l'instant même, un effet saisissant comme dans sa sculpture « La Main de Dieu ». L'aura de Rodin a sans conteste contribué à l'ouverture à l'impressionnisme, bien au-delà du cercle restreint de ses fervents en France.
La Main de Dieu. Auguste Rodin. 1898 – Marbre (hauteur 92,9 cm) – Musée Rodin, Paris
LA MUSIQUE IMPRESSIONNISTE
À l'instar de son cousin dans les arts visuels, la musique impressionniste mit l'accent sur la suggestion, l'atmosphère, plutôt que sur l'émotion brute ou la narration descriptive propre à la musique à programme. Elle s'épanouit en réaction aux débordements de l'Ère Romantique : là où cette dernière se distinguait par l'emploi dramatique des gammes majeures et mineures, la musique impressionniste, elle, flirtait davantage avec la dissonance et des échelles moins orthodoxes, comme la gamme hexatonique. Et tandis que les romantiques privilégiaient des formes musicales amples, symphonies et concertos, les impressionnistes optèrent pour des formats plus intimes.
L'influence de l'impressionnisme visuel sur son alter ego musical est un sujet abondamment débattu. Claude Debussy et Maurice Ravel sont généralement tenus pour les phares de la composition impressionniste.
Claude-Achille Debussy – Né le 22 août 1862, il nous quitta le 25 mars 1918. Ce fut un musicien et compositeur français. Debussy, observateur et auditeur d'une finesse rare, s'imprégnait de la nature. Il évoquait souvent comment le murmure de la mer, le vent dans les feuilles, ou le chant des oiseaux s'ancraient dans sa mémoire pour ressurgir ensuite dans sa musique. De même, les nuances de la ligne d'horizon l'inspiraient. Dans bon nombre de ses titres, la plupart même, Debussy ne dissimule en rien la source de son inspiration : la littérature, les arts plastiques, ou la pure contemplation de la nature. C'est dans ses Préludes que le compositeur atteint l'apogée de l'expression musicale de toutes ces influences extramusicales, ce que certains nomment « l'art de la suggestion », c'est-à-dire l'invitation à visualiser la musique par le biais d'impressions sonores.
JOSEPH MAURICE RAVEL – Compositeur français, né le 7 mars 1875 et disparu le 28 décembre 1937. Réputé le plus classique des compositeurs français modernes, il déploie dès les prémices de sa carrière une qualité artistique égale à celle de ses œuvres de maturité.
Il entame très tôt ses études musicales et, à 14 ans, fréquente déjà le Conservatoire de Paris. Pourtant, les premières exécutions de ses œuvres, en 1898, ne séduisent guère la critique. En 1891, il décroche la seconde place au prestigieux Prix de Rome de composition, mais se voit ensuite systématiquement écarté des rééditions du concours, malgré des compositions d'une valeur technique et artistique unanimement reconnue.
Englué dans son conservatisme, le jury le déclare inéligible en 1905. Par son style, son harmonie et sa thématique, on l'associe souvent à l'impressionniste Debussy, mais il s'en distingue par son penchant pour les structures abstraites de la musique. Il injecta des innovations révolutionnaires dans l'art de l'orchestration.
Il accéda à la célébrité grâce à ses œuvres orchestrales, telles la Rapsodie Espagnole (1908), et à ses ballets incontournables, Boléro (1928) et Daphnis et Chloé (1912).