
Les autoportraits de Frida Kahlo : Entre passions, politique et l'héritage d'une icône (Deuxième partie)
Les autoportraits de Frida Kahlo : Entre passions, politique et l'héritage d'une icône (Deuxième partie)
(Sem Penalidade CLS)
Index de l'Article
« Le Marxisme guérira les malades » , voilà l'une de ses ultimes toiles.
Lors de la dernière année de sa vie, Frida était extrêmement affaiblie. Elle vivait sous l'emprise des médicaments.
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Après près d'un an sans peindre, elle peinait à se déplacer, à mouvoir son corps.
À l'aide d'un fauteuil roulant, elle regagna son atelier, munie d'une bande pour soutenir son corps fragilisé.

Cette obsession de l'artiste pour l'autoportrait puise ses racines dans l'influence et la passion qu'elle portait à son père.
Le portrait qu'elle réalisa de Guillermo Kahlo est un reflet multiforme de sa propre personnalité. Certains affirment qu'elle y dépeignait la relation complexe entre la photographie et la peinture dans l'œuvre de l'un et de l'autre.
Son père était photographe, et fut, sans conteste, sa plus grande influence. Il l'a toujours encouragée à peindre.
« Mon père fut pour moi un immense exemple de tendresse, de labeur... et par-dessus tout, de compréhension face à tous mes problèmes. »


Autoportraits de Frida Kahlo : GALERIE
Frida cultivait une véritable passion pour les couleurs.
Dans l'un de ses journaux intimes, l'artiste y décrypte certaines significations et références chromatiques au sein de son œuvre.
Par exemple, le jaune symbolisait la folie, la peur et la maladie, tandis que le bleu cobalt évoquait l'électricité, l'amour et la pureté.
Quant à ses tenues singulières, elles constituaient pour elle un langage personnel et un moyen de mieux vivre avec sa maladie.
Son style vestimentaire de prédilection, le plus représenté dans ses œuvres, était le costume typiquement mexicain de Tehuantepec.
Les femmes de cette région évoluaient dans une société matriarcale et participaient activement à la Révolution mexicaine, ce qui soulignait la posture politique de Frida (fervente partisane de l'indépendance féminine et nationale).
Ce type de vêtement lui permettait de dissimuler sa jambe, séquelle de la polio, ainsi que son corps fragilisé par l'accident et les nombreuses opérations.
Elle était également éprise de fleurs, ce qui explique peut-être pourquoi elle les portait dans ses cheveux.
Certaines de ses coiffures étaient traditionnelles Tehuana, d'autres imaginées par elle-même.
L'artiste mexicaine aimait attacher ses cheveux avec des tresses, des rubans colorés, et les ornait de roses, de marguerites, de chrysanthèmes et de fuchsias.
Elle affirmait : « Je peins des fleurs, ainsi elles ne mourront pas » – Frida Kahlo


Elle écrivait : « L'art le plus puissant de la vie consiste à faire de la douleur un talisman qui guérit, à l'image d'un papillon qui renaît en s'épanouissant dans un festival de couleurs ! » - Frida Kahlo


« Je me peins moi-même parce que je suis souvent seule et parce que je suis le sujet que je connais le mieux. » - Frida Kahlo
En 1948, l'état de santé de Frida s'est détérioré. Cet autoportrait constitue l'unique toile qu'elle réalisa cette année-là.
Sur celui-ci, elle arbore le traditionnel costume Tehuana que Diego Rivera admirait tant.
Sa robe est enveloppée d'un collier de dentelle qui occupe tout l'espace, et elle semble y être piégée.
Son visage apparaît calme et dénué d'émotion, pourtant des larmes perlent sur ses joues.
Elle a consigné : « Tout cet état d'esprit se reflète naturellement dans mes autoportraits, c'est l'expression exacte de mes émotions. »

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