
Biographie complète d'Antoni Tàpies
Biographie complète d'Antoni Tàpies
(Sem Penalidade CLS)
Index de l'Article
Antoni Tàpies, un artiste espagnol majeur, a vu le jour en Catalogne.
Il figure parmi les figures emblématiques de l'expressionnisme abstrait européen, peut-être même l'artiste catalan le plus renommé à émerger de l'après-Seconde Guerre mondiale.
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Ses idées ont profondément marqué l'art mondial, notamment dans les sphères de la peinture, de la sculpture, de la gravure et de la lithographie.
Biographie
Antoni Tàpies i Puig est né le 13 décembre 1923 à Barcelone, en Espagne.
En 1948, Tàpies a contribué à la fondation du premier mouvement d'après-guerre en Espagne, baptisé Dau Al Set. Ce courant s'inscrivait dans la lignée du Surréalisme et du Dadaïsme.
D'abord peintre surréaliste, Tàpies a vu ses premières œuvres marquées par l'influence de Paul Klee et de son compatriote catalan Joan Miró. Rapidement, il s'est mué en expressionniste abstrait, adoptant un style que l'on nomme « Arte Povera », où des matériaux non conventionnels trouvent leur place dans ses toiles.
En 1950, Tàpies s'installe à Paris. Pour lui, comme il le confie dans ses mémoires, ces années furent celles d'une « nouvelle victoire des démocraties sur le spectre des dictatures d'Europe occidentale ». L'expérience parisienne a insufflé lumière et espoir à sa vie et à son œuvre , le nourrissant d'une force optimiste et d'une inspiration renouvelée. À Paris, Tàpies a résolument choisi de transformer son art, en mariant l'esprit d'avant-garde à une critique sociale et politique.
Dès 1953, il se tourne vers les techniques mixtes, inaugurant une période où son œuvre fut jugée des plus originales. Précurseur dans cette approche artistique, il intégrait de l'argile et de la poudre de marbre à ses toiles, n'hésitant pas à y ajouter des débris de papier, de la ficelle et des chiffons.
Tàpies, l'un des maîtres incontestés de l'art abstrait , était convaincu que la peinture, par essence, était une abstraction, et que la réalité ne résidait pas dans la toile, mais bien dans l'esprit de celui qui l'observait. C'est ainsi que, durant cette période, Tàpies a amorcé une exploration audacieuse des matériaux les plus divers. Il a forgé un langage qui lui était propre, délaissant la figuration pour s'attacher à saisir les effets plastiques de la matière. Cette mutation s'est amorcée avec des collages, enrichis de griffures sur la toile, d'empreintes, de cordes, de sable et de poudre de marbre, pour ne citer que quelques-uns de ces éléments.
Actif dans les cercles de résistance anti-Franco dès le début des années 60, Tàpies a vu son engagement politique s'intensifier à la fin de cette décennie, donnant naissance à des œuvres d'une portée considérable.
En 1966, il peint Blau amb quatre barres roges (Bleu avec quatre barres rouges), une toile qui se voulait une revendication de la mémoire interdite. À cette époque, brandir le drapeau catalan pouvait coûter la prison.
En 1970, l'artiste fut signataire d'un manifeste, aux côtés de centaines d'artistes et d'intellectuels, réclamant l'amnistie, l'abolition de la peine de mort, la reconnaissance des libertés et le droit à l'autodétermination. Pour Tàpies, la quête de liberté et de démocratie se conjuguait indissociablement à la défense des droits nationaux de la Catalogne ; ses créations de cette période en portent indéniablement le reflet.
Tàpies estimait que la défense des droits humains devait constituer l'un des piliers de toute culture. C'est pourquoi, une fois la démocratie rétablie, il a élargi son « champ de bataille », s'investissant dans des causes politiques et anti-répressives à l'échelle planétaire. Rares furent les conflits auxquels Tàpies n'a pas accordé son attention. Le Vietnam, les dictatures chilienne et uruguayenne, l'apartheid en Afrique du Sud, la Palestine, entre autres, ont tous bénéficié de la solidarité exprimée à travers son geste artistique.
Au début des années 1990, de nouveaux drames ont secoué le monde : les guerres du Golfe et des Balkans, l'invasion de l'Afghanistan, parmi d'autres, ont été suivis par Tàpies avec une profonde inquiétude. Ses œuvres de cette période s'efforcent de retranscrire cette atmosphère de violence et de sauvagerie.
Durant les dernières années de sa vie, Tàpies est revenu à certains de ses grands thèmes : le corps, la mort, le désir. L'expérience de la guerre civile durant son adolescence l'avait rendu profondément conscient de la mortalité. Son œuvre puise ses racines dans cette réalité.
Il s'est éteint à Barcelone le 6 février 2012.
Galerie
L'œuvre de Tàpies porte l'empreinte de l'expérience traumatisante d'avoir traversé la guerre et l'immédiat après-guerre durant son adolescence et sa jeunesse. Même dénuée d'une signification politique explicite, sa spontanéité et son esprit de rébellion signalaient une opposition à l'ordre établi. L'incertitude de l'époque imprègne son travail d'images d'une brutalité saisissante.

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