Peinture à l'huile de style post-impressionniste, représentant l'artiste Paul Gauguin dans des tons de bleu et de vert, avec des éléments primitifs et floraux.
Artistes Archives

Paul Gauguin : Biographie et Évolution Artistique (Première Partie)

Paul Gauguin : Biographie et Évolution Artistique (Première Partie)

A

Arthur

Curation Historique

Partager:
Publicidade (Active View 100%)Espaço AdSense em LazyLoad
(Sem Penalidade CLS)

Paul Gauguin, un artiste français d'une portée immense.

Ses expérimentations artistiques ont balisé le chemin de nombreux courants avant-gardistes du début du XXe siècle.

Publicidade (Active View 100%)Espaço AdSense em LazyLoad
(Sem Penalidade CLS)

Peintre, graveur, sculpteur, son œuvre est inscrite au panthéon des mouvements post-impressionniste et symboliste.

Il demeure célèbre pour sa relation tumultueuse avec Vincent van Gogh.

Son exil à Tahiti, en Polynésie française, a, par ailleurs, imprimé une marque indélébile sur son existence et son œuvre.

BIOGRAPHIE : LES PREMIERS PAS D'UN REBELLE

Eugène-Henri-Paul Gauguin voit le jour le 7 juin 1848, dans le bouillonnement de Paris, France.

Son père, Clovis Gauguin, un journaliste réputé. Sa mère, Alina Maria Chazal, affichait une ascendance péruvienne du côté maternel.

Elle était la fille de Flora Tristan, figure marquante du socialisme et pionnière du féminisme, dont le père provenait d'une illustre famille péruvienne.

Paul Gauguin en 1873
Paul Gauguin en 1873

En 1850, le coup d'État de Napoléon III contraint sa famille à s'exiler au Pérou.

Là-bas, son père ambitionnait de fonder un nouveau journal. Hélas, il succombe tragiquement durant la traversée.

La mère de Gauguin, seule avec ses deux enfants, trouva refuge chez un oncle dans la capitale.

Quatre ans plus tard, la famille regagnait Paris : la mère et ses enfants, Marie et Paul.

À 17 ans, Gauguin prend une décision audacieuse : il s'enrôle dans la Marine marchande.

Six années durant, il sillonne les océans, à la découverte du monde.

En 1867, sa mère décède. La garde légale des enfants est alors confiée à l'homme d'affaires Gustave Arosa.

C'est Arosa qui, après le départ de Gauguin de la marine, lui assura un poste d'agent de change.

C'est aussi lui qui le présenta à la Danoise Mette Sophie Gad, que Gauguin épousa en 1873.

Durant cette période, tout en résidant à Paris et en exerçant comme agent de change, Gauguin offrait un niveau de vie aisé à sa famille bourgeoise.

La famille s'agrandit, accueillant quatre fils et une fille.

L'accès de Gauguin à la vaste collection d'art de Gustave Arosa – comprenant des œuvres d'Eugène Delacroix, d'artistes du Salon français et des céramiques de diverses cultures – s'avéra déterminant.

Cette immersion contribua de manière décisive à l'éveil et au déploiement de sa passion pour l'art.

Immersion dans le monde de l'art et fin d'une époque

En 1876, Paysage à Viroflay, une toile de Gauguin, fut admise au Salon annuel officiel de Paris.

Jusqu'en 1881, il intensifia ses échanges avec les œuvres des impressionnistes.

Il alla jusqu'à acquérir des toiles majeures de Paul Cézanne, Édouard Manet, Camille Pissarro et Claude Monet.

Vers 1874, Gauguin fit la rencontre de Pissarro. Il commença à prendre des leçons auprès de l'artiste plus aguerri.

Initialement, il peinait à maîtriser les techniques complexes de la peinture et du dessin.

En 1880, il fut intégré à la cinquième exposition impressionniste, un jalon majeur dans sa carrière naissante.

Il passa des vacances à peindre avec Pissarro et Cézanne, ses progrès devenant alors palpables.

Il participa ensuite, coup sur coup, aux expositions de 1881 et 1882.

Durant cette période, Gauguin s'intégra également à un cercle d'artistes d'avant-garde.

Ce groupe comptait des figures illustres telles que Manet, Edgar Degas et Auguste Renoir.

Mais un événement imprévu allait tout bouleverser :

En 1882, le marché boursier français s'effondre. Gauguin perd son emploi à la Bourse.

Malgré ce revers financier, il y vit un heureux concours de circonstances, qui lui permettrait enfin de se consacrer à la peinture plus assidûment.

Pourtant, afin de subvenir aux besoins de sa famille, il tenta de commercialiser ses œuvres auprès de marchands d'art. Sans succès immédiat.

Autoportrait. 1885
Autoportrait. 1885

En 1884, Gauguin et sa famille s'établissent à Rouen, ville normande.

Il y dénicha un emploi qui dura jusqu'à la fin de cette année-là.

Peu après, ils mirent le cap sur le Danemark, espérant le soutien de la famille de son épouse, Mette.

Même sans emploi, l'artiste se sentait libre de produire. Mais il faisait face à la désapprobation de la famille de Mette.

À la mi-1885, il regagne Paris avec son fils aîné.

En 1886, Gauguin prit part à la huitième et dernière exposition impressionniste.

Il y exposa dix-neuf toiles et un relief en bois sculpté.

Pourtant, ses œuvres retinrent peu l'attention, éclipsées par la toile monumentale de Georges Seurat : Un dimanche après-midi à l'Île de la Grande Jatte.

Frustré, Gauguin se mit à confectionner des vases en céramique, espérant en tirer quelque subsistance.

L'été venu, il entreprend un voyage à Pont-Aven, en Bretagne, une région française.

Son intention : y trouver une vie plus simple, moins onéreuse, loin de l'effervescence parisienne.

La découverte de l'exotisme et la naissance du synthétisme

En avril 1887, au sortir d'un hiver particulièrement rigoureux, Gauguin s'engage dans un voyage.

Il met le cap sur l'île de la Martinique, dans les Caraïbes françaises, avec l'intention manifeste de "vivre en sauvage".

Ses œuvres peintes à la Martinique, telles que Végétation Tropicale et Au bord de la mer, laissaient déjà transparaître sa rupture grandissante avec la technique impressionniste.

À la fin de cette même année, il décide de regagner la France. Plus sûr de lui, il arbore désormais une identité artistique plus "exotique".

L'été 1888 voit Gauguin revenir à Pont-Aven, mu par une quête profonde.

Il recherchait ce qu'il décrivit lui-même comme "un retour rationnel et franc aux origines, c'est-à-dire à l'art primitif".

Il était accompagné de jeunes peintres, tels qu'Émile Bernard et Paul Sérusier, qui aspiraient eux aussi à une expression plus directe dans leur art.

Gauguin franchit un pas décisif vers cet idéal avec sa toile Vision après le sermon.

Dans cette œuvre, il déploya de larges aplats de couleurs, des contours nets et des formes simplifiées, innovant radicalement.

C'est Gauguin qui forgea le terme de Synthétisme — issu du grec Synthetism — pour caractériser son style en cette période.

Ce concept visait à la synthèse des éléments formels de ses toiles avec l'idée ou l'émotion qu'elles véhiculaient.

Cela signait un net abandon de l'impressionnisme et un mouvement résolu vers le symbolisme.

Autoportrait. 1888
Autoportrait. 1888

Paul Gauguin et le groupe d'artistes ayant embrassé ce nouveau style furent connus sous le nom d'École de Pont-Aven.

Dans ce courant, les artistes privilégiaient l'aspect décoratif des compositions et les harmonies générales de leurs toiles.

La couleur, en particulier, était érigée en élément expressif primordial.

Gauguin endossait le rôle de leader naturel de ces artistes, les conseillant avec des mots percutants :

"Ne copiez pas trop d'après nature. L'art est une abstraction : tirez de la nature en rêvant devant elle et pensez davantage à la création qu'au résultat."

La rencontre explosive avec Vincent van Gogh

En 1888, Gauguin prit la route du sud de la France, direction Arles.

Il répondait alors à l'appel de Théo van Gogh, un marchand d'art qui lui était redevable.

Paul accepta donc de cohabiter un temps avec le frère de Théo, Vincent van Gogh.

Au début de cette même année, Vincent s'était établi à Arles, caressant l'espoir de fonder une "Colonie d'Artistes".

Sa vision : un lieu où des peintres partageant les mêmes idées pourraient se rassembler pour enfanter un art expressif inédit.

Cependant, dès l'arrivée de Gauguin, les deux artistes s'engageaient fréquemment dans des échanges "passionnés" sur la finalité de l'art.

Tous deux aspiraient à un style nouveau, porteur d'une évolution individuelle et personnelle dans l'emploi des couleurs, des coups de pinceau et des thèmes non traditionnels à l'impressionnisme.

Comme dans une grande part de l'œuvre de Gauguin de cette époque, l'artiste appliquait une peinture épaisse et lourde sur la toile, selon une technique rugueuse.

Dans ces toiles, il décelait quelque chose qui approchait son idéal "primitif" en pleine gestation.

Sa toile Les Vieilles Femmes d'Arles est un exemple frappant de cette période intense.

Gauguin avait projeté de rester à Arles durant le printemps.

La cohabitation entre les artistes, cependant, s'avéra intenable. Sa relation avec Vincent devenait, jour après jour, plus complexe.

Après une altercation violente, durant laquelle Gauguin prétendit avoir été agressé par Vincent, Van Gogh se mutila l'oreille gauche avec un rasoir.

Face à cette tragédie, Gauguin regagna Paris, après seulement deux mois passés à Arles.

Le symbolisme et la quête de nouveaux horizons

Les années suivantes, Gauguin alternait entre Paris et la Bretagne.

Dans la capitale, il se familiarisa avec les cercles littéraires d'avant-garde, et notamment certains poètes symbolistes.

Ces poètes, prônant l'abandon des formes traditionnelles pour incarner la vie émotionnelle et spirituelle intérieure, percevaient dans l'œuvre de Gauguin leur équivalent dans les arts visuels.

Le critique d'art Albert Aurier alla même jusqu'à le proclamer chef de file d'un groupe d'artistes symbolistes.

Aurier définit le travail de Gauguin comme "symbolique, synthétique, subjectif et décoratif", saluant ainsi son originalité.

En 1889, trouvant Pont-Aven saturée de touristes – ce qui le contrariait profondément –, Gauguin résolut de changer d'air.

Il chercha refuge dans le village reculé du Pouldu, également en Bretagne.

Là, dans une quête intensifiée d'une expression plus brute et authentique, il se mit à scruter les monuments anciens de l'art médiéval, tels que les croix et calvaires.

Ces inspirations le conduisirent à incorporer des formes simples et rigides dans ses compositions, manifestes dans sa célèbre toile Le Christ Jaune.

Comme le suggère cette œuvre, Gauguin aspirait désormais à un cadre de travail encore plus lointain.

Après avoir envisagé puis écarté des destinations telles que le nord du Vietnam et Madagascar, il sollicita une concession du gouvernement français.

Son grand dessein : s'envoler pour le lointain Tahiti.

Paul Gauguin en 1891
Paul Gauguin en 1891

Le paradis perdu : le premier séjour à Tahiti

En juin 1891, Gauguin accoste enfin à Papeete, à Tahiti. Il est d'emblée subjugué par le paysage et la culture locale.

Cependant, il se sent bientôt déçu par l'étendue de la colonisation française, laquelle avait déjà altéré une grande part de l'authenticité tahitienne.

C'est pourquoi il s'efforce de s'immerger dans les aspects qu'il jugeait les plus authentiques de la culture locale.

Durant son séjour à Tahiti, Gauguin prit l'habitude de titrer ses œuvres avec des termes tahitiens.

Parmi les exemples, citons Fatata te miti (ou "Près de la mer") et Manao tupapau, connu sous le nom de "L'Esprit des Morts veille".

Il intégra l'iconographie océanienne et brossa un tableau idyllique, foisonnant de paysages luxuriants et de scènes spirituelles évocatrices.

Le bref retour en France et la décision ultime

En 1893, Gauguin regagne la France, porteur de la conviction que son œuvre tahitienne nouvelle lui apporterait enfin le succès tant convoité.

En 1894, il échafaude un plan ambitieux : publier un ouvrage sur ses impressions de Tahiti.

Intitulé Noa Noa, le livre fut illustré de ses propres et expressives gravures sur bois.

Ce projet aboutit à une exposition personnelle de ses œuvres dans la galerie du marchand Paul Durand-Ruel.

Hélas, la réalité se révéla cruelle :

À son grand désarroi, l'accueil du public et de la critique fut des plus frileux.

Complètement désabusé, Gauguin prend une décision radicale : il se résout à retourner à Tahiti, laissant la France derrière lui, cette fois pour de bon.

Le chef-d'œuvre et les derniers refuges

En 1897, Gauguin atteint l'apogée de son expression artistique dans son œuvre majeure conçue à Tahiti.

La toile – D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? – est une immense méditation sur la vie et la mort.

Déroulée à travers une série de figures, démarrant avec un nourrisson et s'achevant sur une vieille femme recroquevillée, l'œuvre est nimbée d'une aura poétique onirique et d'une force extraordinaire.

À son sujet, Gauguin déclara : "Je crois que cette toile surpasse non seulement toutes les précédentes, mais que je n'en ferai jamais une meilleure, ni même une autre image semblable."

En 1901, Gauguin repart, en quête d'un cadre de vie plus paisible.

Il était irrité par l'influence occidentale grandissante sur la colonie française de Tahiti.

Il quitte Tahiti et se rend à Hiva Oa, aux îles Marquises.

Sur cette île, Gauguin acquiert des terres et édifie une maison qu'il nomme "la maison du plaisir".

Il transforma cette demeure en une véritable œuvre d'art, ornée de frises richement sculptées.

Durant cette période à Tahiti et à Hiva Oa, sa vie personnelle fut marquée par la promiscuité.

On le savait avoir eu des liaisons avec diverses femmes indigènes, dont certaines étaient encore adolescentes, et beaucoup d'entre elles servirent de modèles pour ses toiles.

En 1902, un cas avancé de syphilis restreint considérablement sa mobilité.

La santé déclinante, Gauguin concentra son énergie restante sur le dessin et l'écriture.

Durant cette période, il rédigea un livre de mémoires intimes, intitulé Avant et après (Avant et après).

L'œuvre, cependant, ne serait publiée qu'en 1923, à titre posthume.

Tombe de Gauguin sur l'île de Hiva Oa.
Tombe de Gauguin sur l'île de Hiva Oa.

La fin d'une légende, un héritage éternel

Avec la progression inexorable de la maladie, l'artiste se sentait de plus en plus affaibli et las.

Pourtant, Paul Gauguin continua de peindre et de créer avec l'énergie qui lui restait, jusqu'à son dernier souffle.

Il laisse derrière lui une œuvre immense, qui ne cesse d'inspirer et de provoquer.

Pour appréhender la suite de cette odyssée, et sonder plus avant sa vie et son héritage, poursuivez votre lecture avec notre prochain article :

Paul Gauguin : L'Odyssée tahitienne, son héritage et ses œuvres essentielles (Deuxième Partie).

Publicidade (Active View 100%)Espaço AdSense em LazyLoad
(Sem Penalidade CLS)

Instagram

@arteeartistas
© 2016 - 2026 Arte e Artistas développé par Agência WEB SolisyonTous droits réservés.